Ce jour-là
Je me présente, je m’appelle Alex et j’ai une histoire à vous raconter, une mésaventure extraordinaire. Du moins, dans le monde où l’on vit, rien n’est vraiment incroyable et peut-être même que certains d’entre vous ont vécu une aventure semblable. Tout a commencé durant mon sommeil, je dormais à poings fermés, j’étais dans un état de plénitude que je n’ai jamais plus retrouvé. Vous savez, quand on ne peut pas être réveillé, lorsqu’on est inconscient au point d’atteindre le coma. J’avais cette sensation, cette impression que rien ne pourrait me déranger. Pourtant, je sentis des doigts énormes et froids m’attraper par le crâne. Je les avais ressentis parce qu’ils me tenaient très fermement. On commença par me tirer lentement de ma torpeur, mais je ne voulais pas me lever. J’aurais voulu empêcher qu’on me réveille, lui enlever les mains de ma tête, mais je ne pouvais pas. Je n’avais plus de force, je n’arrivais même pas à lever les bras.
Une douleur insidieuse me prit les tempes ; la pression de ces doigts était telle que j’avais la terrible intuition qu’ils allaient me transpercer. La souffrance augmentait lentement. Je m’efforçais de me retenir, de me contorsionner pour réussir à rester au chaud, à dormir. Malgré tout, ils réussirent à me sortir de mon nid douillet.
Brusquement, j’eus très froid, ils m’avaient réveillé pour me plonger dans un environnement glacé. La peur m’envahit quand j’ouvris les yeux, je fus éblouis par une lumière aveuglante comme je n’en avais jamais vue. Ça me piquait les rétines comme des aiguilles, des larmes montèrent à mes paupières, je ne pouvais les retenir. J’aurais voulu voir ce qui se passait mais je ne m’autorisais pas le moindre clignement, de peur de me retrouver aveugle à vie. De plus, le froid me tenaillait toujours, je ne la voyais pas, mais je sentais la chair de poule se créer sur ma peau. Ma peur se transformait en terreur, je ne savais ni où j’étais ni ce qu’on attendait de moi ! Avez-vous déjà ressenti cette frustration, ce sentiment d’impuissance ?
Je ne faisais que ressentir les évènements, pressentant les gens autour de moi, entrevoyant des silhouettes sombres passer et repasser, me demandant à chaque instant ce qu’ils allaient me faire. Tout à coup, on me frappa dans le bas du dos, un vrai coup de fouet. Ca avait claqué, faisant de nouveau surgir la douleur en picotements incessants.
Pourquoi m’avait-il tapé, qu’est ce qu’il me voulait ? Un tel coup allait sûrement me laisser une marque à vie. Et ce n’était rien par rapport à ce qui allait survenir. La douleur de la claque s’estompa face à l’autre. Je ne sus si on m’avais coulé de l’acide sulfurique sur le torse ou si on m’avait apposé un fer chaud sur la poitrine, mais ce fut à cet instant que j’ai hurlé. La souffrance était insupportable, jamais je n’eus aussi mal, ni dans le passé, ni dans le futur. Je ne m’arrêtais plus, criant à m’en déchirer les tympans, sentant la douleur me traverser les pores de la peau.
Que m’avait-on préparé pour la suite ? Quelle autre torture allaient-ils inventer ?
Essoufflé, je n’en pouvais plus. Si celui qui me tenait m’avait lâché, je me serais effondré. Soudainement, tout changea, la souffrance s’amoindrit petit à petit jusqu’à disparaître. On me recouvrit alors d’une couverture, la douceur de leur geste n’avait d’égal que la délicatesse avec laquelle il me tenait. De plus, mes yeux commençaient à s’habituer à la luminosité de cette pièce. Je me sentais mieux, un peu plus calme. Je ne sus pourquoi, mais l’inquiétude disparut totalement lorsqu’on m’allongea près d’une femme au regard doux. Le regard le plus doux que je n’eus jamais croisé.
C’était bien sûr celui de ma mère. De toute évidence, ce jour là, je suis né. »
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Bonjour les gens…
Je vais vous raconter une p’tite génèse. La nouvelle “Ce jour là” a été écrite pendant un cours de dramaturgie du texte, en théâtre, à la fac.
C’est très chiant comme cour d’où mon besoin de faire autre chose. Nan, mais, quand on s’emmerde, on est tout de suite plus inspiré.
A plus.